John Henry se dévoile

Publié le par isa1977

Cette fois-ci, c'est au tour de John Henry de se prêter au jeu de l'interview. J'ai découvert cet auteur, il y a un peu plus d'un an avec son roman "Trois ombres au soleil" et dernièrement avec son ouvrage "La hyène".

Comme d'habitude avant de commencer, voici quelques liens pour découvrir John Henry:

 

Isa : Bonjour John, tout d’abord, je tiens à vous remercier d’accepter de répondre à cette interview. Avant de parler vos romans et de vos projets, nous allons parler un peu de vous. Pourriez-vous vous présenter en quelques mots à nos lecteurs ?

Je m’appelle john.henry (dans la vraie vie, il y a un tiret entre john et henry), j’ai 27 ans, j’ai étudié le journalisme, j’ai travaillé comme indépendant et aujourd’hui je cherche du boulot. C’est une manière de se présenter. Je pourrais aussi dire que je mesure 1,84 m, que je suis blond, très myope, que je joue au foot du pied droit mais que j’écris de la main gauche et que je suis phénylcétonurique. Ce n’est rien, je veux dire, ce n’est pas grave, mais j’aime bien l’écrire.

Isa : D’où vous est venue cette envie d’écrire ?

L'envie d'écrire de la fiction, c'est né il y a 4 ans. Je sortais de l'université et je cherchais un job. Puis Stromae a débarqué, avec ses leçons et "alors on danse". Stromae, c'est un gars que je connaissais, comme ça, de loin, parce qu'il était dans le même collège que moi. Je connaissais un peu ce qu'il faisait. Et puis là, le succès est apparu. D'un coup. Soudainement. J'avais toujours cru que pour vivre de sa passion, il fallait être soutenu, parachuté, il fallait que quelqu'un décide de vous mettre sur le devant de la scène. Le succès de Stromae c'était la preuve du contraire. Et puis là, un déclic s'est produit. Et je me suis mis à écrire. Le premier texte, c'était Trois ombres au soleil. Et puis ça a été des dizaines de nouvelles, puis un deuxième manuscrit, qui est toujours dans mes tiroirs, les Néons noirs. Et puis la hyène, plus tard.

Isa : Avez-vous un genre de littérature, un auteur et un roman de prédilection ?

J’aime les romans. Je veux dire, ceux sans genre particulier, pas les fantastiques, pas les polars, pas la Science Fiction, pas les Thrillers. Quand on a enlevé tout ça, il reste ce que je préfère lire. J’adore spécialement les auteurs américains, comme Hemingway ou Steinbeck. Et j’admire beaucoup Yasmina Khadra, d’abord pour avoir écrit « Ce que le jour doit à la nuit » et surtout parce qu’il ne cherche jamais la facilité, il tente de se réinventer à chaque roman.  Il se met en danger, nouvel univers, nouveau style, nouveau genre. 

Isa : Bien maintenant, parlons de votre premier roman « Trois ombres au soleil». Si vous deviez vous identifier à un personnage de ce bouquin, lequel serait-ce ?

C’est assez facile. Dans l’histoire il y a 3 personnages principaux. « Lui », 25 ans, qui débarque à Bruxelles, sans boulot, qui découvre la ville et c’est un léger choc. Il y a « Elle, veuve, 73 ans, qui s’ennuie depuis des années à Bruxelles et qui se distraie tous les mardis avec son groupe de copains retraités  dans un tea room. Et enfin il y a Sofia, une fille, une étudiante, venue de l’Est, qui se prostitue par envie et par nécessité. Au début du roman, un des personnages est exactement dans ma situation, mais je ne vous dirai pas lequel.

Je pense que dans un premier roman, encore bien plus que dans les autres, il y a un mini-moi représentant l’auteur à l’intérieur.

Isa : Pouvez-vous nous raconter un peu votre parcours et d’où vous sont venues les idées pour ce premier roman ?

Trois ombres au soleil c’est la première fiction que j’ai écrite. C’était en octobre 2009, je venais de débarquer en ville, à la capitale même. Je cherchais du boulot et je me suis donné trois mois pour écrire un manuscrit. Je ne connaissais rien à la littérature, la vraie, la grande, ni à l’édition, ni à rien du tout de cet univers-là. J’ai commencé à écrire. Mais accepter l’idée même d’écrire un roman, ça me paraissait tellement fou, tellement improbable que ça a été le feu d’artifices dans ma tête pendant un mois. J’avais dix mille idées qui me traversaient par jour. Et comme j’avais peur de les oublier ou de ne pas pouvoir les exploiter plus tard (quand j’écris Trois ombres au soleil, envisager un « plus tard » dans l’écriture n’existait pas, c’était pour moi un one-shot), j’ai tout intégré.

Et puis il y avait aussi le traumatisme du gars qui débarque de son village. (avec Google map, aujourd’hui, tout le monde a la possibilité de se renseigner sur Bauche, où j’ai grandi. A l’époque, ça ne parlait pas à grand monde. En fait, vérification faite, même Google map ne connait pas trop bien le village, entre Yvoir et Evrehailles.) C’est surtout de là, de ce choc entre deux mondes qu’est né le roman. D’ailleurs, l’Avenir dans sa critique du roman parle de Bruxelles comme du personnage principal du roman. Même si ce n’était pas réalisé consciemment, ça ne m’étonne pas.

Isa : Maintenant, si nous parlions de « La hyène », à quel personnage vous identifieriez-vous ?

Je ne me sens proche d’aucun personnage en particulier mais j’ai beaucoup d’affection pour John, abandonné et trahi par ses amis, par ses parents, par la vie. Mais également pour José, qui apparait dans la seconde partie du roman.

Isa : Et comme pour le premier roman pouvez-vous nous expliquer un peu votre parcours et d’où vous sont venues les idées ?

« La hyène », je l’ai écrit dans un état d’esprit très différent. J’ai réfléchi différemment, le roman était davantage structuré, réfléchi, en amont. Et j’ai pris énormément de plaisir à l’écrire. La hyène, c’est un roman que j’ai écrit alors que j’étais en pleine lecture de Houellebecq et Brett Easton Ellis. C’est véritablement un roman que j’aurais aimé lire en tant que lecteur. D’ailleurs, je l’ai déjà relu depuis qu’il est sorti en format ebook, alors que je l’ai retravaillé tout l’été.

Isa : Maintenant que nous avons parlé de vous et de vos romans, pourriez-vous un peu nous parler de vos futurs projets ?

Il y a d’abord la collecte de crowdfunding pour la publication en version papier de « la hyène », après avoir réussi à collecter la somme nécessaire pour la version numérique dont vous avez fait une très belle chronique. Ensuite il y a la publication d’une longue nouvelle chez un nouvel éditeur numérique, Libre-court. Ca s’appellera L’indien. C’est le dernier texte, que j’ai écrit cet été. Alors que La hyène a été écrite il y a 2 ans. Tout prend beaucoup de temps dans le monde de l’édition. Si ça va plus vite ici, c’est parce que l’éditeur m’a directement contacté et parce que c’est du numérique.

Et puis il y a encore la possibilité de publier les deux  derniers romans que j’ai écrits, qui n’ont pas encore été envoyés aux éditeurs.  

Isa : Vous aimez écrire, avez-vous d’autres passions dans la vie ?

Beaucoup. Le cinéma. Partir. Loin ou pas. Manger. Boire. Faire la fête. La photo. Bruxelles. Oui, c’est fou, mais depuis le traumatisme des débuts, aujourd’hui j’adore. Lire. Le vent. Enfin, bref, j’aime beaucoup de choses. Mais je retire ce que je viens de dire : le vent n’est pas encore une passion.

Isa : Pour continuer, je vous donne l’opportunité de donner envie aux lecteurs qui ne vous connaissent pas de découvrir votre bouquin. C’est à vous de jouer pour un petit instant pub.

Je ne vais pas me vendre. Simplement, si les internautes veulent venir discuter, il y a le site http://www.john-henry.be ou sur facebook https://www.facebook.com/pages/JohnHenry/218143194922406?ref=hl. Et puis le meilleur moyen d’avoir un avis sur un auteur, sur ce qu’il écrit, c’est peut-être de le lire. Ou de se laisser faire, et de l’écouter www.youtube.com/watch?v=dfKSvvslmAk .

Isa : Pour terminer vous  prêteriez-vous  au jeu de réaliser un petit portrait chinois réalisé par mes soins ? Dites qui nous qui tu seriez, si vous étiez :

  • Un personnage de BD ? Tintin, quand même.
  • Un poète ?  Brassens
  • Un personnage de dessin animé ?  Nicky Larsson
  • Un acteur ? Jean-Paul Rouve en français, Patrick Wilson en anglais.
  • Un chanteur ? Saez ou Stromae, deux clins d’œil par rapport à Trois ombres au soleil.
  • Une chanson ? Sodade de Césaria Evora
  • Un film ? Incendies
  • Une série ? Dexter
  • Un animal ? moi J
  • Un endroit ? ailleurs

Je vous remercie d’avoir pris le temps de répondre à ces questions.

Publié dans Interview, John Henry

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